Après un repositionnement (de marque, de stratégie, de cible…), il est fréquent de se concentrer sur le comment (méthode, offres, expertise). Tu repars alors à 1000% dans ta communication, contente du nouveau ton, du nouveau positionnement que tu as. Pourtant, rapidement, tu sens que quelque chose ne vibre pas comme s’il te manquait quelque chose, comme si tu étais passée à côté de quelque chose.
Ce sentiment n’est pas un problème de stratégie. Ta communication peut être techniquement alignée, elle reste simplement incomplète.
Tu as certainement oublié de reconnecter ton pourquoi à ta communication : ta vision du monde, tes convictions personnelles. Ce pilier que j’appelle « visionnaire » est souvent le plus vulnérable à assumer, mais aussi l’un des plus puissants pour créer une vraie connexion, au-delà de l’expertise.
Si tu préfères l’audio, tu peux écouter l’épisode 58 de mon podcast « Communiquez avec Sens » sur le sujet. Sinon je te laisse continuer ta lecture. 😉
Quand la tête (ou le cœur) insiste
Le signal, souvent, arrive en dehors du planning éditorial : des idées de post qui viennent la nuit, en marchant, à des moments où on ne les attend pas.
Cette situation, je la connais bien. Je l’ai moi même vécue lors de mon repositionnement. Un jour, en listant toutes les idées qui me venaient, j’ai eu une prise de conscience : aucune de ces idées ne parle vraiment de communication.
Impact, place des femmes, transmission de valeurs, empreinte carbone, conflits intérieurs entre valeurs et choix de vie personnels… Des sujets que je n’avais jamais exploités parce que mon énergie était concentrée sur mon cœur de métier.
Le signal à repérer : quand le planning éditorial n’inspire plus, et que ce sont toujours les mêmes sujets « hors sujet » qui reviennent, c’est peut-être qu’ils ne sont pas hors sujet du tout. Ca vaut le coup de les écrire et de prendre un moment pour décider de la place qu’on souhaite leur donner dans notre communication.
Le déclic : le pilier communication visionnaire oublié
En remettant à plat les piliers de ma communication, j’ai constaté qu’il manquait un pilier à part entière : le pilier visionnaire :
- partager ma vision du monde
- exprimer mes valeurs
- parler de l’entrepreneuriat comme acte politique et de liberté
- exprimer mes convictions personnelles et ma façon de les incarner au quotidien
- parler de mon rapport au sens
Ce pilier est le plus vulnérable de tous les piliers de communication, car il ne s’appuie pas sur ta méthode ou ton expertise, mais sur qui tu es et ce que tu as envie de montrer au Monde. C’est probablement pour ça qu’il est le premier sacrifié en phase de repositionnement, il ne parait pas prioritaire, alors il est met de côté.
Pourquoi ce pilier compte (au-delà du personal branding)
Ce pilier visionnaire n’est pas un exercice de personal branding calculé. C’est une vraie prise de position sur :
- le monde dans lequel on entreprend
- la transformation à laquelle on participe
- ce qu’on veut que les gens ressentent en pensant à nous
Une communication qui l’intègre va au-delà de mettre la communication au service de son entreprise : elle la met aussi au service du changement qu’on veut voir advenir. C’est ce qui donne envie à quelqu’un de travailler avec toi pour la personne que tu es, pas seulement pour ton expertise, et parfois, ça donne aussi envie à d’autres de passer à l’action dans leur propre vie.
Documenter à chaud ou digérer avant de partager : les deux fonctionnent
Un point important : certaines personnes savent documenter une expérience au moment où elles la vivent (le « build in public »). D’autres ont besoin de la digérer avant de pouvoir en parler.
Aucun retard, aucune méthode n’est meilleure que l’autre. Prendre du recul avant de partager une expérience a aussi son intérêt : la prise de recul enrichit ce qu’on en dit. L’essentiel est de repérer comment on fonctionne soi-même, pour pouvoir ensuite le rediffuser dans sa communication.
L’exercice pour toi
Une question à te poser : est-ce qu’il y a une partie de toi que tu n’oses pas montrer dans ta communication ?
Quelque chose glissé sous le tapis, consciemment ou non, en te disant que ce n’est pas professionnel, pas le bon moment, ou que tu n’es pas légitime pour en parler. Pourtant cette idée tourne en boucle dans ta tête.
À faire maintenant : écris ce que tu as en tête, simplement, sans jugement. Le fait de le poser sur papier commence déjà à l’ancrer. Tu peux les laisser dans un coin quelques jours avant de t’y pencher à nouveau. Si tu sens que c’est sensible, que c’est challengeant, demande-toi pourquoi ? qu’est ce qui se joue ?
Quand tu seras prête, tu pourras revenir sur cette liste et choisir un idée à faire vivre dans ta communication pour commencer à révéler ton pilier visionnaire.
FAQ
Pourquoi ma communication me semble-t-elle creuse alors que mon positionnement est clair ?
Parce qu’un positionnement clair (méthode, offres, ton) peut être complet stratégiquement tout en laissant de côté un pilier essentiel : la vision personnelle et les convictions qui dépassent l’expertise.
Qu’est-ce que le « pilier de communication visionnaire » ?
C’est le pan de communication où l’on partage sa vision du monde, sa lecture du rôle de l’entrepreneuriat dans les transformations en cours, et ses convictions personnelles au-delà de la méthode ou de l’offre.
Faut-il partager ses expériences en temps réel (build in public) ?
Non, ce n’est pas obligatoire. Certaines personnes communiquent mieux à chaud, d’autres ont besoin de digérer une expérience avant de la partager. Les deux approches sont valables.
Comment identifier ce qui manque dans sa communication ?
En observant les idées de contenu qui reviennent naturellement (la nuit, en marchant…) mais qu’on écarte parce qu’elles semblent « hors sujet ». Elles pointent souvent vers un pilier de communication non exploité.
Envie d’aller plus loin ?
C’est précisément ce travail de recalibrage entre valeurs, identité et communication que je propose dans mon accompagnement Révèle-toi, dédié aux entrepreneur·es du vivant et du bien-être qui veulent retrouver une communication alignée avec qui elles sont devenues. On ne repart pas de zéro, on remet les choses dans le bon ordre : toi d’abord, ta communication ensuite.



